Maladie de Huntington : 3 types de symptômes à connaître absolument

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Maladie de Huntington : 3 types de symptômes à connaître absolument

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Chaque année, des milliers de personnes découvrent qu’elles sont porteuses d’une mutation génétique qui va progressivement transformer leur corps, leur mémoire et leur personnalité. La maladie de Huntington est une maladie neurologique héréditaire rare mais dévastatrice, qui touche aussi bien les hommes que les femmes, souvent entre 30 et 50 ans. Comprendre ses symptômes, c’est aussi comprendre ce que vivent les patients et leurs proches, majoritairement des femmes qui assurent un rôle d’aidante au quotidien.

Ce qu’est vraiment la maladie de Huntington

La maladie de Huntington est une maladie neurodégénérative héréditaire, causée par une mutation du gène HTT situé sur le chromosome 4. Ce gène produit une protéine appelée huntingtine, qui, dans sa forme mutée, devient toxique pour les neurones. Elle détruit progressivement certaines zones du cerveau, notamment le striatum et le cortex, entraînant une perte irréversible des capacités motrices, cognitives et psychiatriques.

On estime qu’en France, environ 6 000 à 7 000 personnes sont atteintes de cette maladie, et près de 30 000 personnes présentent un risque génétique de la développer. L’association Huntington France accompagne ces patients et leurs familles depuis plusieurs décennies, offrant soutien, information et accès aux essais cliniques.

La transmission est dite autosomique dominante : un enfant d’un parent porteur a 50 % de risque d’hériter de la mutation. C’est cette dimension héréditaire qui rend la maladie particulièrement éprouvante sur le plan psychologique, notamment pour les femmes qui apprennent, parfois après une grossesse, qu’elles transmettent peut-être cette mutation à leurs enfants.

À ne pas confondre avec la maladie de Hutchinson, qui désigne en réalité plusieurs pathologies distinctes (dont le syndrome de Hutchinson-Gilford ou progéria), ou encore avec la maladie de Parkinson, autre maladie neurodégénérative mais d’origine et de mécanismes différents. La chorée de Huntington se distingue notamment par son caractère héréditaire et par la triade symptomatique qui lui est propre.

Les symptômes moteurs : la chorée et ses manifestations visibles

Le signe moteur le plus emblématique de la maladie est la chorée, terme qui vient du grec “choreia” signifiant “danse”. Il s’agit de mouvements involontaires, brusques, saccadés, imprévisibles, qui touchent les membres, le visage, le tronc. Ces gestes incontrôlés peuvent faire penser à une danse désordonnée, ce qui explique l’ancien nom de “danse de Saint-Guy” donné à cette affection.

Au début de la maladie, ces mouvements anormaux peuvent passer inaperçus ou être confondus avec de la nervosité ou de l’agitation. Puis ils s’intensifient progressivement et envahissent l’ensemble du corps. Les personnes atteintes peuvent :

  • Grimacer involontairement, cligner des yeux de façon répétée, faire des mouvements de langue inhabituels
  • Marcher de façon instable, avec une démarche saccadée qui ressemble à celle d’une marionnette
  • Perdre le contrôle des mouvements fins, rendant l’écriture, les boutons de vêtements ou la manipulation d’objets très difficiles
  • Présenter des troubles de la déglutition (dysphagie), ce qui entraîne des risques d’étouffement et une perte de poids significative
  • Développer une dysarthrie, c’est-à-dire une difficulté à articuler les mots, la parole devenant progressivement incompréhensible

À un stade avancé, la chorée peut paradoxalement s’atténuer, remplacée par une rigidité musculaire et une hypokinésie (réduction des mouvements). La fonte musculaire, appelée sarcopénie, accompagne souvent cette évolution, avec une fatigue intense et une perte de poids parfois sévère.

Les symptômes psychiatriques et cognitifs, souvent les premiers à apparaître

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les troubles psychiatriques sont souvent les premiers signes perceptibles de la maladie, apparaissant parfois plusieurs années avant les symptômes moteurs. Ils sont fréquemment mal interprétés, entraînant des erreurs de diagnostic et un retard dans la prise en charge.

Les manifestations psychiatriques les plus fréquentes incluent :

  • La dépression : c’est le symptôme psychiatrique le plus répandu, touchant près de 40 % des patients. Elle ne résulte pas uniquement d’une réaction psychologique au diagnostic, mais bien d’une atteinte neurologique directe
  • L’irritabilité et les sautes d’humeur : des accès de colère disproportionnés, une impulsivité accrue, parfois des comportements agressifs qui déstabilisent profondément l’entourage
  • L’anxiété chronique : souvent présente dès les premiers stades, elle peut prendre la forme de crises d’angoisse ou d’une inquiétude permanente
  • L’apathie : perte totale de motivation et d’initiative, que l’on distingue de la dépression car l’affect n’est pas triste mais simplement absent
  • Les états psychotiques : dans environ 10 % des cas, des épisodes délirants ou, plus rarement, des hallucinations peuvent survenir

Sur le plan cognitif, la maladie entraîne un déclin progressif des fonctions exécutives : difficultés à planifier, à s’organiser, à passer d’une tâche à une autre. La mémoire à court terme se dégrade, la concentration devient difficile, et le traitement de l’information ralentit. Ces troubles cognitifs ne ressemblent pas tout à fait à ceux d’Alzheimer : les souvenirs anciens sont longtemps préservés, mais la flexibilité mentale disparaît peu à peu.

Pour les femmes atteintes de Huntington, ces symptômes psychiatriques sont souvent particulièrement lourds à porter : leur souffrance est parfois minimisée, confondue avec des troubles hormonaux ou une dépression “ordinaire”, retardant le diagnostic de plusieurs années.

L’évolution de la maladie et son impact sur la vie quotidienne

La maladie de Huntington évolue sur 15 à 25 ans en moyenne après l’apparition des premiers symptômes. Elle se divise schématiquement en trois stades, même si cette progression varie d’une personne à l’autre.

Au premier stade, les symptômes sont discrets : légère maladresse, sautes d’humeur, difficultés de concentration. La personne peut encore travailler et maintenir une vie sociale, mais elle commence à ressentir que quelque chose ne va pas. C’est souvent à ce stade qu’un diagnostic génétique est posé, confirmant la présence de la mutation sur le gène HTT.

Au stade intermédiaire, la chorée devient plus visible, les troubles de la parole et de la déglutition s’installent, et les troubles cognitifs s’aggravent. La personne perd progressivement son autonomie : conduite automobile impossible, difficultés à gérer les finances, besoin d’aide pour les actes quotidiens. C’est à cette période que le rôle des aidants, souvent des femmes (conjointes, filles, sœurs), devient central et épuisant.

Au stade avancé, la personne est totalement dépendante. Elle nécessite une assistance complète pour se nourrir, se déplacer, communiquer. Les complications sont fréquentes : pneumonies par fausse route, chutes, infections urinaires, dénutrition sévère. Ce sont généralement ces complications qui entraînent le décès, et non la maladie elle-même directement.

Il n’existe à ce jour aucun traitement curatif pour la maladie de Huntington. Les thérapies disponibles visent à soulager les symptômes : médicaments pour réduire la chorée (comme la tétrabénazine), antidépresseurs, neuroleptiques pour les troubles psychiatriques, kinésithérapie, orthophonie, ergothérapie. La recherche progresse, notamment autour des thérapies antisens et de l’édition génomique, avec des essais cliniques actifs en 2026.

FAQ : vos questions sur la maladie de Huntington

Qu’est-ce que la maladie de Huntington ?

La maladie de Huntington est une maladie neurodégénérative héréditaire causée par une mutation du gène HTT. Elle provoque la destruction progressive de neurones dans le cerveau, entraînant des troubles moteurs (chorée), psychiatriques et cognitifs. Elle est transmise sur un mode autosomique dominant, avec 50 % de risque de transmission à chaque enfant d’un parent porteur.

Qu’est-ce que la chorée de Huntington ?

La chorée de Huntington désigne spécifiquement le symptôme moteur caractéristique de la maladie : des mouvements involontaires, saccadés et incontrôlés du corps. Ce terme vient du grec “danse” et a longtemps donné son nom à la maladie entière. Aujourd’hui, on préfère parler de “maladie de Huntington” pour englober l’ensemble des symptômes, bien au-delà des seuls troubles moteurs.

Quels sont les symptômes psychiatriques de la maladie de Huntington ?

Les symptômes psychiatriques incluent principalement la dépression (la plus fréquente), l’irritabilité, l’anxiété, l’apathie et, dans environ 10 % des cas, des épisodes psychotiques avec délires ou hallucinations. Ces troubles apparaissent souvent avant les symptômes moteurs et sont parfois le premier signe de la maladie.

Quel est le premier stade de la maladie de Huntington ?

Le premier stade se caractérise par des symptômes discrets : légère maladresse, troubles de l’humeur, difficultés de concentration, petits changements de personnalité. La personne conserve son autonomie mais peut ressentir une gêne croissante. Ce stade peut durer plusieurs années avant que les symptômes ne s’aggravent de façon visible.

Comment meurt-on de la chorée de Huntington ?

Le décès survient généralement 15 à 25 ans après les premiers symptômes, mais rarement à cause de la maladie elle-même directement. Ce sont les complications du stade avancé qui emportent les patients : pneumonies par fausse route liées aux troubles de la déglutition, infections, chutes graves, ou dénutrition sévère. Une prise en charge palliative et pluridisciplinaire permet d’améliorer le confort de vie jusqu’au bout.

La maladie de Huntington reste l’une des maladies neurologiques héréditaires les plus complexes à vivre, tant pour les personnes atteintes que pour leurs proches. Reconnaître ses symptômes le plus tôt possible, sans les minimiser ni les confondre avec d’autres pathologies, est une étape nécessaire pour accéder à une prise en charge adaptée. Des ressources existent, notamment via Huntington France, pour ne pas traverser cette épreuve seul.

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MF

Maurice Fuller

Rédactrice Beauté & Shopping

Passionnée par beauté, shopping, santé, je rédige pour Feministes des articles documentés et accessibles. Ma mission : vous informer avec rigueur et authenticité.

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